Mâcon, vendredi 27 août 2026. Il est un peu plus de 19h30 lorsque la soirée commence à l’Été Frappé. Ce soir-là, quelque chose de particulier se prépare. La ville qui a vu naître Broussaï il y a 25 ans s’apprête à célébrer l’un de ses groupes les plus emblématiques.
Vingt-cinq ans de carrière, des centaines de concerts, des kilomètres de routes parcourus, des rencontres, des albums et une musique qui a dépassé depuis longtemps les frontières de Mâcon.
Pour cet anniversaire, le groupe revient aux sources.

Une soirée pas comme les autres
Créé à Mâcon en 2000 par sept passionnés de musiques jamaïcaines, Broussaï s’est construit au fil des années autour d’un reggae teinté de dub roots et de ska, mais aussi autour de textes engagés et profondément humains.
Le groupe défend depuis ses débuts des valeurs de partage, d’espoir et de vivre-ensemble. Une identité qui lui a permis de traverser les générations et de fidéliser un public toujours présent, 25 ans après les premières notes.
Pour lancer la soirée, Gros Monsieur prend possession de la scène à 19 h 30. La première partie donne rapidement le ton : le public est là, l’ambiance monte progressivement et chacun attend désormais le moment où Broussaï viendra célébrer ce quart de siècle.

Broussaï, 25 ans de musique et de messages


Puis vient le moment tant attendu.
Broussaï entre en scène.
Derrière les sourires et l’énergie du concert se cachent 25 années d’une aventure qui a commencé ici, à Mâcon.
Au fil des albums, le groupe a construit une discographie reconnue dans le paysage reggae français. Insurrection, en 2004, puis Perspectives, en 2010, élu meilleur album reggae français, ont contribué à installer Broussaï parmi les références du genre.
En 2012, le groupe franchit une nouvelle étape en partant enregistrer en Jamaïque. De cette expérience naîtra Kingston Town, enregistré notamment au mythique Studio Harry J de Kingston.
Plus récemment, l’album Solidaires, sorti en 2023, poursuit cette volonté de défendre une musique à la fois consciente, chaleureuse et rassembleuse.
« Tout a commencé à Mâcon »
Au cours de la soirée, Tchong Libo, l’un des deux chanteurs de Broussaï avec Erik Arma, revient sur cette incroyable aventure.
Et son témoignage rappelle une réalité parfois oubliée : avant les grandes scènes, les tournées internationales et les albums reconnus, il y avait simplement un groupe de jeunes musiciens à Mâcon.
Il a fallu aller chercher le public, concert après concert, avec les moyens du bord. Le bouche-à-oreille, le travail et la persévérance ont progressivement construit une communauté autour du groupe.
Pas forcément besoin du soutien des grands médias ou de la télévision pour avancer.
Le public, lui, était au rendez-vous.

Année après année, concert après concert, Broussaï a construit sa réputation directement sur le terrain.
Et cette soirée anniversaire prend alors une dimension particulière : 25 ans plus tard, le groupe revient dans cette même ville avec un public venu célébrer le chemin parcouru.
De Mâcon à Kingston… et bien au-delà
Depuis ses débuts, Broussaï n’a cessé de voyager.
La Jamaïque occupe évidemment une place particulière dans cette histoire. Kingston, berceau du reggae, a accueilli le groupe lors de l’enregistrement de Kingston Town.
Mais l’aventure s’est également poursuivie au Canada, notamment à Montréal, où Broussaï s’est produit lors des Francos de Montréal.
Le groupe a également posé ses valises à Papeete et Tahiti, ainsi que dans plusieurs pays européens comme l’Espagne, l’Allemagne, la Belgique et la Suisse.
En France, les musiciens ont également foulé les scènes de salles emblématiques, notamment à Paris, à l’Olympia ou au Nouveau Casino.
Pourtant, malgré toutes ces destinations, toutes ces salles et tous ces kilomètres parcourus, il existe un endroit qui reste différent des autres.
Mâcon.
La ville natale.
Le point de départ.
Le lieu où tout a commencé.


À Mâcon, le public répond présent pour célébrer les 25 ans du groupe.
Bruno, retour d’un ancien compagnon de route
Cette soirée anniversaire est également l’occasion de retrouver certaines figures qui ont participé aux premières années de l’aventure.
Parmi elles, Bruno, de Robusta Sound, ancien batteur des débuts de Broussaï.
Sa présence ce soir-là est un joli clin d’œil à l’histoire du groupe. Les années ont passé, mais les souvenirs restent.
Bruno ne se contente d’ailleurs pas d’assister au concert. Il reprend les baguettes et offre au public une petite démonstration à la batterie.
Quelques instants qui font forcément remonter les souvenirs des débuts.

Reynald Litaudon, de Broussaï à Lyon Reggae Sunday
Autre figure historique de Broussaï : Reynald Litaudon, bassiste du groupe depuis ses débuts.
Depuis plus de 25 ans, sa basse participe à construire le groove caractéristique de Broussaï. Mais son engagement dans la musique ne s’arrête pas aux frontières du groupe.

Fin 2015, Reynald lance et co-organise les Lyon Reggae Sunday, une série de rendez-vous destinés à faire vivre la scène reggae directement au cœur de Lyon.
Les concerts se déroulent notamment à bord de la célèbre péniche Le Sirius, sur les quais du Rhône.
Un lieu intimiste où la proximité entre les artistes et le public donne aux soirées une atmosphère particulière, presque familiale.
Et cette aventure a également croisé mon propre parcours.
Une histoire qui croise celle de MoiReporter
J’ai eu la chance d’être accrédité par Reynald Litaudon en tant que photographe, vidéaste et journaliste.
C’était en 2016.
Pour ma première expérience dans ce cadre, l’artiste jamaïcain Lutan Fyah était à l’affiche, accompagné par Robusta Sound.
À l’époque, je réalisais de petites interviews des artistes à l’issue de leurs prestations. Des rencontres que je diffusais ensuite sur mon média et mon site MoiReporter.com.
Ces moments passés au bord de la scène, appareil photo à la main, ont fait partie de mon propre parcours dans l’univers reggae.
Et quelques années plus tard, me retrouver à Mâcon pour photographier les 25 ans de Broussaï donne forcément une résonance particulière à cette histoire.

Lyon Reggae Sunday #2 par Reynald Litaudon de Balik & Patko
Lyon Reggae Sunday, une scène dans la scène
Au fil des éditions, Lyon Reggae Sunday a accueilli de nombreux artistes de la scène reggae française et internationale.
Parmi eux, Balik, le chanteur emblématique de Danakil, mais également Brahim ou Tiwony.
Des artistes internationaux et émergents ont également trouvé leur place sur cette petite scène lyonnaise, avec notamment le Jamaïcain Spectacular ou encore Patko.
Les chanteurs étaient régulièrement accompagnés par des sound systems et backing bands reconnus, permettant au public de découvrir différentes facettes du reggae roots et new-roots.
Une autre manière de faire vivre cette musique : à taille humaine, au plus près des artistes.
25 ans… et toujours cette énergie
Retour à Mâcon.
Sur scène, les années semblent s’effacer. Le public chante, danse et partage cette soirée avec le groupe.
Ce qui frappe, au-delà de la performance musicale, c’est cette impression de retrouvailles.

Retrouvailles avec la ville.
Avec le public.
Avec d’anciens compagnons de route.
Avec une histoire commencée il y a un quart de siècle.
Broussaï a commencé à Mâcon avec des passionnés de musiques jamaïcaines et des rêves plein la tête. Vingt-cinq ans plus tard, le groupe peut regarder derrière lui et mesurer le chemin parcouru.
De Mâcon à Kingston, de Paris à Montréal, de la France à l’international, Broussaï a construit son histoire concert après concert, rencontre après rencontre.
Mais cette soirée nous rappelle surtout une chose : les grandes histoires musicales commencent souvent simplement.
Une ville.
Quelques amis.
Des instruments.
Une envie de jouer.
Et un public à convaincre.


25 ans plus tard, Broussaï est toujours là.
Et finalement, pour célébrer un anniversaire, quoi de mieux que de revenir là où tout a commencé ?
Joyeux anniversaire Broussaï.
25 ans de carrière… et certainement encore beaucoup de kilomètres à parcourir.
